[Motifs] État d’urgence

Paul Nash, Void of war, 1918

Les capitales peuvent avoir une importance capitale.

Les capitales, ce sont les majuscules. Enfin presque. On peut écrire un mot entièrement en capitales mais pas en majuscules. La majuscule c’est la capitale qu’on place en début de phrase ou sur un nom propre. Elle est sémantique. La capitale est typographique. Bien que la distinction puisse sembler inutile, il ne faut pas s’y tromper, la typographie – souvent – a du sens. Et l’usage de la capitale aussi. Assez capricieux en français comparé aux langues voisines (particulièrement l’allemand et l’anglais qui en ont un usage moins modéré), l’usage de la capitale occupe une place importante dans les traités de typographie. Mais nous ne traiterons pas ici des titres, des noms propres, des noms géographiques (le mont Blanc mais le tunnel du Mont-Blanc mérite un article complet). Nous traiterons de noms communs qui changent de sens quand on leur colle une capitale.

Certains mots changent de genre quand ils changent de nombre ou de position dans la phrase. Rien d’étonnant donc à ce que le changement de graphie induise un changement sémantique. Mais la règle n’étant pas présente à tous les esprits, le glissement de sens se fait sournois.

L’exemple le plus évident du changement de sens à la capitale, c’est ce qui relève du vocabulaire sacré : la Création n’est pas la création, la Genèse n’est pas la genèse, Lui n’est pas lui, la Bible n’est pas une bible (voir aussi le rôle des articles définis).

On parlera des juifs en transition. Dans un manuel de typographie, on trouve juif et Juif.

Poursuivre la lecture de « [Motifs] État d’urgence »