L’homme maigre ○ oligochète fantasque

C’est une histoire d’horreur originale et délicate que nous offre Xavier Otzi sous la peau douce de ce court roman des Luciférines.

Qui est donc vraiment Djool, le paisible gardien de cimetière ? Que révélera le mystérieux contenu de sa brouette qu’il épand au fil des allées ? Et pourquoi craint-il tant les oiseaux ?

Ce roman policier veiné de fantastique – à moins qu’il ne s’agisse d’un roman fantastique vernis de policier –, sis dans un Lyon contemporain aux allures de coupe-gorge, sacrifie aux codes du genre : taxidermiste cynique, tannerie dans les bois, flic en sevrage, mafieux pathétique, tragédie familiale, manipulations, coups bas et trahisons (on regrette le peu de présence des personnages féminins). On en retient surtout l’atmosphère personnelle et persistante de peaux et de fourrures, d’air de blues, de goût de terre noire. Les personnages dérangés, curieusement attachants, se révéleront d’une étrangeté bien plus abominable. Le protagoniste achève de placer à part ce récit : être à ma connaissance jamais décrit auparavant en fiction, mélancolique et doux (la plupart du temps), il pose la question : qu’est-ce qu’être humain ?

Une fable sur les frontières de l’humanité.

 

couv-homme-maigre L’Homme maigre, Xavier Otzi, Les Luciférines, 2017.

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